L'Invasion des profanateurs de sépultures - Film (1956)

L'Invasion des profanateurs de sépultures - Film (1956)

Film de Don Siegel Drame, Épouvante-horreur et science-fiction 1 h 20 min 5 février 1956

Santa Mira, une petite ville de Californie. Un jeune médecin, Miles Bennell, et son confrère psychiatre, le docteur Kauffman, constatent des changements étranges dans le comportement de leurs concitoyens. Certains d'entre eux ne reconnaissent plus leurs proches parents.

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Série B assumée, L’invasion des profanateurs de sépulture sait tirer parti de toutes ses limites : son économie de moyen se met au service d’une tonalité tendue et d’une atmosphère qui, sans s’embourber dans les excès de l’horreur ou de la science-fiction, distille une paranoïa qui fera les grandes heures de films ou séries à venir, comme Les Envahisseurs. Car l’originalité du film tient dans son exploitation du motif de l’invasion : silencieuse, dans l’indifférence généralisée, sans grand spectacle, elle se fait insidieusement en coulisses. Enfants, femmes et médecin sont les seuls initiés à constater la propagation du mal, comme si seule leur empathie pouvait encore garantir un regard sur la vérité. Sur ce motif s’ajoute l’argumentaire proposé par les envahisseurs et la façon dont il contamine l’histoire d’amour entre les protagonistes : un éloge de l’ablation des sentiments, une vie mécanique où tout serait simple, car dénué de souffrance. Certes, les parallèles à faire avec la peur du communisme, qu’on retrouve aussi dans La chose venue d’un autre monde cinq ans plus tôt, sont une grille de lecture possible, notamment dans cet effroi d’une société où l’individu se fondrait dans une masse indifférenciée. Mais c’est aussi l’organisation industrielle (voire capitaliste ?) de l’invasion, par les graines, les camions, le fait que l’abandon au repos et au sommeil soit la voie de la capitulation qui dessine une dénonciation autrement plus subtile. En 1956, Don Siegel n’est pas encore en pleine possession de ses moyens. On est loin de la hargne qu’on trouvera plus tard dans des brûlots comme A bout portant, Dirty Harry ou Les Proies. Mais le fait que le studio lui ait imposé cette structure en flashback et le refus d’une fin pessimiste en dit long sur son projet initial, finalement plus proche d’un Ionesco et son Rhinocéros que d’une banale série B.

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