Éloge de l'amour - Film (2001)

Éloge de l'amour - Film (2001)

Film de Jean-Luc Godard Drame 1 h 37 min 16 mai 2001

Avec Françoise Verny, Philippe Lyrette, Audrey Keblaner

Une personne qu'on entend parler, mais qu'on ne voit pas, évoque un projet qui décrit les quatre moments forts de l'amour : la rencontre, la passion physique, les disputes et la séparation, les retrouvailles. Et cela à travers trois couples de générations différentes. Qu'en advient-il du sentiment...

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-Merveille, vraiment, pourquoi personne ne fait du Godard ? les producteurs ont donc si peur ? ou c'est les réalisateurs qui n'ont pas le talent pour ? ça doit être les deux, pourtant c'est au fond la "première chose évidente à faire", il suffit d'un smartphone, c'est le cinéma "le plus simple" d'un point de vue économique, artistique, tout ce qu'on veut... le cinéma comme premier geste d'urgence, puisque Godard nous dit qu'il faut d'abord songer à panser les plaies, pour seulement ensuite les penser. C'est vraiment par exemple ce film la première chose qu'on peut faire voir à quelqu'un qui est dégoûté, c'est quand même ça. Disons que le cinéma de Godard est une injection intraveineuse d'art très concentré et à très forte dose pour les coeurs qui n'en peuvent plus, ou bien que c'est une "drogue", mais qui est un poil trop puissante, du coup tant mieux pour ceux qui en sont accros ^^ , et pour les snobs tant pis, ce serait le rejet, la réaction d'allergie.

-bien sûr, comme dans chaque godard, il y'a la phrase qui tue/construit/reste : "Il se pourrait que la vérité soit triste", et qui donne (même si cela n'en a pas l'air) le "poids" au film, alors que tout le reste du film essaie de supporter ce poids, joue sur ça. Cette phrase est l'haltère, le reste du film serait donc le sportif dont tout l'effort concoure à porter cette haltère. Godard se donne le "LA" (comme on dit), puis propose une tentative de composition autour de ce LA qui est son axe, c'est la dialectique interne de godard, son éco-système est toujours parfaitement organisé, et l'électricité circule vite, bien, c'est fluide, réel, sans mauvaises notes. Et il y'a toujours donc la phrase, qui "pose" le problème, terriblement, sans concession, et, tout autour, un essai de placement de petites particules de réel, pour former la composition, l'entourer, puisque dans la vie les choses humaines sont toujours entourées, et qu'on n'est jamais complètement seul. Le cinéma comme Noyau central du coup, avec les électrons qui rôdent et tournent autour, fondamentalement attirés, même et surtout quand ils font semblant de ne pas l'être : En physique ce sont les électrons qui "essaient de sortir" qui sont le plus excités, dans Eloge de l'amour c'est le personnage de l'Américaine qui bouge partout avec sa décapotable qui bouge partout, parle beaucoup, sans rien dire. Le cinéma, du coup, comme érotisme, il n'y'a que ça, attirance/répulsion, question/réponse, la recherche de la mesure exacte, le découpage exact, le cadre exact, puis le suivant, puis changer ce suivant en fonction du précédent, laisser tomber, ajouter, laisser tomber par la suite uniquement pour le plaisir d'avoir à ajouter encore, ect ect, on n'en finit jamais avec l'érotisme du montage, de la composition, de la vie. Le plaisir de faire sa petite cuisine, puis de la partager.

-Le cinéma de Godard pourrait s'appeler "A la recherche de la forme perdue", ou encore "D'un film l'autre". ^^

-On peut dire que Godard nous apprend que les plus effarouchés sont, en fait, les plus vicieux, au sens moral du mot vice. Griffith le disait déjà, Chaplin, ou Renoir, le cinéma ne peut dire que ça. ce serait sa seule fonction, justification.

-Par exemple, dans Adieu au Langage la phrase (morale/noyau) du film serait: "Monsieur, est-ce-qu'il est possible de construire un concept d'Afrique ?", dans Le livre d'Images: "On n'est jamais assez triste pour que le monde soit meilleur", dans Socialisme: "L'argent est un bien public, comme l'eau alors ? exactement."...

-Tout le monde au moment de faire des films dit "Allez! C'est prêt ?... Ca tourne !", Godard lui ajouterait : "Bon, très bien, ça tourne votre truc, mais, autour de quoi ça tourne ? la Terre tourne autour du soleil elle ne tourne pas juste en l'air comme ça..." ^^