Papadoll au pays des chats - Film (1995)

Papadoll au pays des chats - Film (1995)

Film de Takashi Nakamura Animation 1 h 16 min 10 juin 1995

Avec William Bassett, Louise Chamis, Dorothy Elias-Fahn

Après avoir perdu leur chien, Papadoll, un petit garçon nommé Toriyasu et sa jeune soeur Meeko sont contactés par trois chats anthropomorphiques, qui les emmènent dans leur monde, BanipalWitt, le pays des chats. Celui-ci est dirigé par une méchante princesse, Buburina, qui a le pouvoir de changer...

Papadoll au pays des chats streaming

(2e version de la critique, un titre modifié et un lien en doublon supprimé)

Autre pépite cachée du monde de l'animation japonaise digne d'autres films animés comme ceux des Studios Ghibli et à mi-chemin entre Little Nemo, Alice au Pays des Merveilles ou certaines oeuvres de Jean Giraud (Mobius), ce Papadoll au Pays des Chats développe néanmoins son propre univers loufoque et euphorique.

Mais avant de préciser à quel point ce film génial, qui n'a été traduit et distribué en DVD chez nous qu'en 2008 (alors que le film date de 1995, ce qui est un retard cruel), jetons vite fait sur les "défauts" insignifiants et bons que pour ceux qui voient le mal partout. Défauts ou visions peu élogieuse que j'ai vais aussi critiquer en même temps :

FurAffinity, le film ?

Les anti-furries primaires qui accusent les furries (les fans d'animaux anthropomorphiques) de perversion pourraient accuser Papadoll de n'être qu'un "étalage de fétichismes furries" (en ne se basant que sur la bande-annonce un peu trop révélatrice de toute l'intrigue) étant donné qu'on retrouve ces altérations suivantes aussi bien dans le film que sur des plateformes furries qui deviennent un peu "hard" quand elles n'ont pas leurs filtres activées comme FurAffinity :

Transformation : les héros (Toriyasu - alias Yasuo - et sa petite sœur Miko) se transforment en chats anthropomorphes après avoir été exposé au Soleil de Banipalwitt, le royaume des chats. Comme quand un type pénètre le "royaume secret caché furry de DeviantArt ou FurAffinity OwO UwU" Vore et Macro : dans le film, Papadoll est transformé en chien géant et avale des chats - mais pas comme dans la chanson de Ultra Vomit - comme un "furry fou de macro" (fantasme de devenir géant) ou de "vore" (fantasme de manger ou avaler quelqu'un). Inflation et hypnose : et en plus, y a plein de pauvres chats victimes d'inflation (le fait de gonfler comme un ballon) comme dans certains chelous qu'on voit sur le net ! Ça à cause d'un sorcière ex-princesse (Bubulina) maudite par un magicien dont la fille s'est faite tuer à cause de son caprice de princesse quand elle était gamine. Et bien sûr, Bubulina adore hypnotiser les gens comme dans ce genre de fan-art--

Ok, on arrête le délire et la rage anti-furry tout de suite. Ce genre de comparaison ou de critique n'a pas de sens pour plusieurs raisons.

Je rassure donc tout de suite à la fois les furries qui voulaient voir un film d'animation tranquille sans être accusés de perversion, ou même les non-furries qui veulent aussi voir Papadoll ou le montrer à leurs enfants sans que ça ne "corrompent leurs propres petits esprits" - ALERTE SPOILERS :

Ces altérations sont montrées comme tragiques et horribles et sont sans sous-entendus sexuels (c'est un film tout public, bon sang, vous attendiez à quoi ?) Bubulina, qui peut faire gonfler les gens, peut faire ça car elle est maudite. Un magicien a fait pour la punir d'avoir fait tuer sa fille, et pour qu'elle ressent l'humiliation et la solitude. Les victimes d'inflation sont humiliées et servent d'outils pour les plans machiavéliques de Bubulina, qui se servent des "gonflés" pour créer à la fois l'équivalent d'une bombe atomique et son remède (donc comme moyen de pression face à ses sujets). Papadoll, le chien de Yasuo et Miko devenu géant, est bien présenté comme transformé en monstre horrible et grotesque semant chaos et destruction, mais plus pour le plaisir d'une sorcière que pour son propre bien mental. Et le pouvoir d'hypnose de Bubulina est lui-aussi considéré comme malsain, etc.

Donc oui, ça n'a pas de sens de vouloir ou de ne pas vouloir regarder Papadoll au prétexte que ce serait "FurAffinity, le film" (sauf pour faire une blague). Il peut certes être considéré comme un "film furry" ou avec des animaux anthropomorphiques, mais le considérer plus sérieusement comme fétichiste ne serait que faire des amalgames stupides sur les furries (ou les accuser de fantasmes pourtant créés et surexploités à la base par des non-furries).

Si ce film peut offenser certaines personnes, ce seront uniquement Zemmour et Ségolène, car ce sont des anti-mangas et des hypocrites à l'esprit tordu voyant le mal et la perversion là où ils ne sont pas.

Papadoll n'est pas fétichiste, c'est un innocent film tout public pourvu d'immenses qualités.

Un magnifique Pays des Chats impressionniste

De bonnes raisons de voir Papadoll au Pays des Chats, il y a en des tonnes et des tonnes :

Les dessins sont juste super beaux et colorés, très portés sur le fauvisme et le surréalisme impressionniste presque comme chez Dali ou Mobius (qui a participé de près ou de loin au film animé Little Nemo avec d'autres Japonais qui ont fait des pilotes) mais avec une grosse influence de la mythologie japonaise ou d'autres pays (on a un Pays des Chats enraciné sur un chat géant qui sommeille et une sous-intrigue sur un rat qui créa une Lune pour l'offrir à son amoureuse chat). D'ailleurs, le thème de l'onirisme et du merveilleux, se retrouvent aussi bien en arrière-plan et fond chez Little Nemo, Alice au Pays des Merveilles, Le Magicien d'Oz et Papadoll ! Voir ce dernier film contribuer à l'imaginaire n'en est que plus entrainant. Les émotions des personnages sont bien retranscrites, y compris lors des flashback et les terrifiantes phases d'hypnose. C'est pour ça que l'évolution des persos principaux, dont Yasuo, est formidable car le film apprend une grande leçon valable aussi bien pour les enfants que pour les adultes ; Papadoll nous enseigne que quand on maltraite quelqu'un, qu'il soit homme, animal ou entre les deux, il faut s'attendre à de terribles conséquences pouvant se retourner contre soi et son entourage :

Yasuo a maltraité son chien Papadoll car il n'a pas su le défendre contre des petites brutes se moquant de sa tendance à rêver de vies extraterrestres ou interdimensionnelles. Et en conséquence, Bubulina, elle-même punie pour son caprice mortel, s'est emparé de Papadoll pour en faire un instrument de chaos et de désolation. Yasuo s'était aussi moqué des tendances de sa soeur Miko à croire aux aliens ou aux chats interdimensionnels tout ça parce qu'il ne songeait qu'à sa réputation face à des petites brutes. En revoyant Papadoll manipulé par Bubulina, il a compris qu'il ne veut plus faire comme elle : se servir des autres et les faire souffrir pour passer sa mauvaise humeur.

Papadoll est donc une histoire rondement menée de résistance à l'oppression, de rédemption, de pardon et un appel à continuer de rêver malgré tout et à entretenir de saines relations avec son entourage. Un autre de ses messages serait donc quelque chose genre ... Faîtes le bien ou le mal, maux et merveilles, et tout cela vous sera rendu au centuple.

On retiendra d'ailleurs cet important message contre la maltraitance animale et pour la protection des proches, quels qu'ils soient, sur le collier que Yasuo avait fait pour Papadoll :

Ceci appartient à Papadoll, frère de sang de Yasuo

C'est pour tout cela que je recommande ce film à tous. Il est disponible en intégralité gratuitement sur YouTube ... mais en anglais et DVD-rip du pauvre. En français, il faudra se procurer le DVD heureusement vendu par Metropolitan.

Sur ce, je vous laisse avec le thème du film qui est certes enfantin mais très entrainant lui-aussi : Yume e No Tobira - La porte des rêves