Peaky Blinders - Série (2013)

Peaky Blinders - Série (2013)

Série de Steven Knight Policier et drame 6 saisons (en cours) BBC One 58 min 12 septembre 2013

En 1919, à Birmingham, soldats, révolutionnaires politiques et criminels s'affrontent pour se faire une place dans le paysage industriel de l'après-guerre. Le Parlement s'attend à une violente révolte, et Winston Churchill mobilise des forces spéciales pour contenir les menaces. La famille Shelby compte parmi les gangs les plus puissants et les plus redoutables. Surnommés les « Peaky Blinders » car ils ont pour habitude de cacher des lames de rasoir dans la visière de leur casquette, ils tirent principalement leur argent de paris, de rackets et du marché noir. Tommy Shelby, le plus dangereux de tous, va devoir faire face à l'arrivée de Campbell, un impitoyable chef de la police qui a pour mission de nettoyer la ville.

Peaky Blinders streaming

Il suffit parfois d’une scène inaugurale, parfois même de quelques secondes pour savoir ! Savoir qu’une série va nous happer, nous tenir en haleine et nous laisser un goût de « putain, vite, la suite ! » Peaky Blinders est incontestablement de celles-là ! (Ben oui sinon je n’aurais pas écrit les deux phrases ci-dessus ! Je ne suis peut-être pas une lumière mais quand même …)

Premier point fort : l’esthétisme Exemple parlant : la scène d’ouverture, sublissime. Une rue sordide ! Un homme à cheval s’arrête devant une jeune asiatique qui souffle une poudre rouge sur les naseaux de l’animal, au ralenti ! Sublime je vous dis ! http://3.bp.blogspot.com/-UDNgXvuou0w/VCLM2D4Y-6I/AAAAAAAAAlM/0GZ-Hhkt_sU/s1600/bolaji.tiff

Là, je me dis que je tiens quelque chose et que j’ai bien fait de choisir cette série plutôt que la saison 9 de 24 (oui j’ai vu les 8 premières mais je m’en fous ! Qui es-tu donc pour me juger ? Oui, Evy Nadler, c’est à toi que je parle, ne fais pas l’innocent !) Nous est présenté ici le Birmingham de la fin des années 1910 : quartier pauvre, malfamé, où la misère côtoie le banditisme, quartier où les flics sont corrompus, tous, quartier dégueulasse où règne la famille Shelby, les Peaky Blinders, gang familial géré par Arthur, le frère aîné qui, très vite, laisse toutefois sa place à Thomas (Ah Cillian …), plus fort mentalement, plus calme, moins nerveux, bref … plus sûr pour les affaires. Le sale, le glauque, le sordide est sublimé par la photographie, la lumière, la mise en scène. Peaky Blinders, c’est beau ! On en prend plein les yeux à chaque épisode, on savoure, on se régale et avouez quand même que c’est déjà un sacré argument pour se plonger dans la série, non ?

Non ? ça ne vous suffit pas ? Soit !

2e point fort : la bande originale. Arrêtons-nous sur le générique. Nick Cave, excusez du peu : https://www.youtube.com/watch?v=N-qUYwWM0_8 Et là, froncement de sourcils ! Avec grosse bulle au-dessus de la tête : « Nick Cave, sympa ! Mais c’est sensé se passer à quelle époque, cette série ? Non parce que vu le look du mec à cheval, à part un « je me la raconte en enfilant les fringues de mon arrière-grand-père Anatole », il y a un truc qui cloche ! » Mais deux minutes après : « je suis vraiment conne parfois ! C’est voulu ! Clairement parfois, je me foutrais des baffes ! ». Quand Jack White commence à pousser la voix, on en arrive à la conclusion que l’anachronisme est voulu, et même revendiqué ! Brillante idée ! A coups de Nick Cave, de White Stripes donc, mais aussi de Tom Waits ou de Raconteurs, avec un chouia de Puccini, on est subjugué par ce mélange détonnant, ça fonctionne, c’est génial (oui, ça peut paraître un argument assez pauvre, mais une fois que vous aurez jugé par vous-même, vous vous direz : « putain, elle avait raison, l’autre conne ».) Et puis il y a des petits moments de pure grâce (ouais, j’avoue, elle est facile ! Mais elle n’en reste pas moins vraie) : https://www.youtube.com/watch?v=HgPMduUaYRk Vous l’aurez compris donc, la bande son est une tuerie.

Mais évidemment, vous êtes si instruits, si cultivés, que ça ne vous suffit pas ! Je vous entends là-bas dans le fond : « mouais, des belles séries avec une super musique, pardon, mais on connait ! Glee, Un, Dos, Tres, on a déjà donné merci ».

3e point fort donc : le scenario 6 épisodes d’une heure, c’est une riche idée pour une série. Ça évite de potentielles longueurs inutiles mais ça laisse le temps de travailler suffisamment les personnages pour que certains ne soient pas superficiels et ne donnent pas l’impression d’être là pour meubler. Là encore, rien à redire : parfait dosage entre scènes d’action et dialogues ciselées, qui nous permettent de faire amplement connaissance avec chacun des personnages, chacun ayant son importance dans cette fascinante histoire. La saison 2 se maintient au niveau d’excellence (toujours la même hantise quand une première saison est si enthousiasmante) et laisse la porte ouverte à une saison 3 qui se promet tout aussi riche et passionnante. Toujours pas ? Bon dieu, que vous êtes difficiles !

4e point fort : les acteurs Il fallait bien que j’en arrive à parler de Cillian Murphy ! Ah Cillian … Vous le savez, je ne suis pas du genre à me pâmer (à part devant Mads Mikkelsen, mais honnêtement seule une aveugle ne craquerait pas devant lui), mais Cillian dans Peaky Blinders … c’est un rêve ! Rassurez-vous les mecs, il y en aura aussi pour vous, mais je commence par parler aux copines, solidarité féminine oblige.

Cillian est juste à tomber par terre : il est beau, il est fort, il est mystérieux, distant certes mais tu sens que sous la carapace, il y a un cœur qui ne demande qu’à aimer. Il est torturé aussi, hanté par ses années passées à se battre en France, victime de cauchemars terribles. Et évidemment, tu ne penses qu’à une chose : le consoler, le réconforter, … enfin tu vois quoi ! Autant je le trouvais quasi rebutant dans Inception (je trouve qu’il a une tête de vampire dans ce film), autant là … Il peut bien tuer qui il veut, massacrer à tout va, je m’en fous complètement (de toute façon, je suis déjà fan d’un pédophile, d’un antisémite et d’un assassin, je ne suis donc pas à ça près !) Oui, bon ça va, les mecs, on se calme ! Parler de minettes en culotte, ça ne vous pose pas de problème, mais dès qu’on s’attarde deux secondes sur un beau mec, ça baille dans tous les sens ! Merci ! Sympa !

Cillian Murphy est juste parfait en chef de famille : il est d’une justesse impeccable. Il habite complètement la série et la domine de toute sa présence, de tout son charisme, et surtout de tout son talent. Toutefois tous les personnages sont fouillés, travaillés. Sam Neill en flic justicier qui compte bien nettoyer la ville, Annabelle Wallis qui va faire fondre la glace et faire en sorte que Thomas Shelby se sente à nouveau homme, Paul Anderson dans le rôle du frère aîné, torturé lui aussi par la guerre, mais aussi par l’abandon du père, sont excellents. Et mention spéciale en ce qui me concerne pour Helen McCrory, dans le rôle de la tante Polly, la femme forte de la famille. Je l’aime, cette femme. Et un petit mot sur Tom Hardy dans la saison 2 ? Non ? Ok , merci les mecs ! On peut vraiment compter sur vous, ça fait plaisir.

5e point fort : on parle de Chaplin dans la saison 2 !!!

Peaky blinders, c’est donc une parfaite réussite, qui n’est pourtant pas le raz-de-marée qu’elle mérite d’être. Et si tout ça ne vous donne pas envie de vous jeter dessus, réjouissez-vous, il vous reste toujours Scènes de ménage et Nos chers voisins ! Mais rendez-moi service : oubliez-moi ! Les irrécupérables ont tendance à me déprimer …