The Killing - Série (2007)

The Killing - Série (2007)

Série de Søren Sveistrup Thriller, policier et drame 3 saisons (terminée) DR1 1 h 7 janvier 2007

Qui a violé et tué Nana Brik Larsen ? La commissaire Sara Lund a très peu de temps pour découvrir le meurtrier et les obstacles se multiplient.

The Killing streaming

Les cop-shows, ça pullule à la télé. Depuis toujours. Il y en a tellement aujourd’hui que les créateurs doivent trouver moyen de se différencier, de trouver le petit truc qui fera que le chaland viendra dans leur crèmerie plutôt que dans celle de la chaîne concurrente ou du pays voisin. On peut miser sur le style et la classe (je ne te reparle pas de Morse, mais je pourrais, crois-le bien), sur un personnage principal atypique (l’autiste Tony Hill), un esthétisme soigné au service d’un rythme quasi hypnotique (style The Fall) ou encore sur une mise en scène nerveuse et des arcs narratifs à tomber par terre (à la The Shield).

Dans The Killing, série danoise, se retrouve tout ce qui fait le succès des programmes nordiques : l’atmosphère est sombre, les couleurs métalliques, les personnages durs et rugueux, le suspense haletant, l’écriture addictive. Mais elle se démarque en prenant le parti de mêler intrigues policières et enjeux politicards. De près ou de loin, sur 3 saisons, sur fond d’élections ou de remaniement ministériel, les enquêtes flirtent avec les dirigeants du pays et sont mises à jour les malversations de certains, auxquels tentent de faire face d’autres, plus intègres, sans toutefois tomber dans un manichéisme facile. Abordant certains problèmes qui préoccupent la société danoise (l’éducation principalement en saison 1, le terrorisme et la guerre en Afghanistan en saison 2, la crise et la délocalisation en saison 3), The Killing, de par la multiplication des suspects, n’est pas forcément très tendre avec cette police qui peut parfois démolir des réputations, au nom de la sacro-sainte vérité qui devait éclater et qui finalement laisse les pointés du doigt comme des cons, salis pour un bon moment.

Proposant une durée assez peu commune dans sa saison initiale (20 épisodes), qui permet notamment une intéressante étude psychologique d’une famille endeuillée, la série va se recentrer par la suite, amenant un rythme évidemment plus soutenu. En plus d’intrigues rondement écrites et menées, The Killing bénéficie de personnages forts et passionnants, tous très bien dépeints : un candidat à la mairie en pleine campagne électorale (charismatique Lars Mikkelsen), un ministre tentant de faire éclater au grand jour les cachotteries de son prédécesseur, le chef de police Brix, géant impitoyable qui rit quand il se brûle ou les inspecteurs qui se succèdent, au fil des saisons, aux côtés de l’intrépide Sarah Lund.

Sarah la solitaire, professionnelle jusqu’au bout des ongles, qui fait passer les morts avant son fils unique, au risque d’en payer le prix un jour ou l’autre. Sarah, qui a remis les pulls au goût du jour, démontrant par la même qu’on peut être jolie avec deux kg de laine sur le dos, le tout en délaissant son maquillage, son gel douche et sa brosse à cheveux. Sarah, l’amabilité même, élevée chez les cochons, qui raccroche au pif de ses supérieurs ou ne prend pas la peine de répondre aux questions qu’on lui pose quand elle est sur une piste. Sarah et ses bollocks en acier trempé, qui n’a peur de rien et qui fonce tête baissée, parfois même sans arme. C’est qu’elle en parcourt des km, dans des tunnels, des chantiers désaffectés, des caves d’immeuble, des morgues vides, tous ces endroits étant autant éclairés que la boite crânienne d’Hanouna. Il faut dire qu’au Danemark, en novembre, il fait nuit noire à 16h, ça n’aide pas. Sarah, que l’on remerciera surtout de nous offrir un final digne de ce nom, du genre que tu ne vois pas venir et qui te laisse un peu estomaqué.

Evidemment on pourra chougner que la série use d’artifices (notamment succession de suspects, twists finaux) mais il faudrait quand même faire montre d’une sacrée dose de mauvaise foi pour ne pas admettre que, quand bien même ils en abusent parfois, c’est foutrement efficace. Et c’est bien ce qu’on attend d’une série policière, non ?